L’Intelligence Artificielle (IA) est sur toutes les lèvres. Les conférences et salons sur le sujet ne se comptent plus.

L’IFCAM a participé à 3 évènements majeurs cette année (The Camp, IA for Humanity et VIVATECH 2018) avec pour objectif de comprendre les impacts de l’IA demain sur le travail, la formation et les compétences.

Retour sur les points forts de ces événements et présentation de notre approche.

The Camp : Les défis de l’Intelligence Artificielle

Le 9 mars 2018, quelques IFCAMiens se sont rendus à the Camp, « Un camp de base pour explorer le futur ! ».

Intelligence Artificielle et formation : Retours sur 3 événements marquants

C’est dans ce lieu propice à la découverte, aux échanges et à l’ouverture que nous avons assisté à une journée, « le pass », sur les défis de l’Intelligence Artificielle animée par Alexandre Cadain, Co-fondateur & CEO ANIMA / Ambassadeur AI XPRIZE.

Si l’on nous donne régulièrement à voir et à penser des visions effrayantes de l’IA dans la littérature et les films, Alexandre Cadain porte, au contraire, une approche positive.

Ce dernier fait d’ailleurs partie de la commission IA FOR GOOD de l’ONU qui a travaillé du 15 au 17 mai dernier sur la façon dont l’IA pourrait aider à résoudre 17 défis.

Intelligence Artificielle et formation : Retours sur 3 événements marquants

Le groupe de travail « Future of Work » auquel rapporte cette commission annonce un passage de l’automatisation vers l’augmentation de l’humain. C’est-à-dire que l’on souhaite passer de machines qui automatisent des tâches répétitives à des robots qui aident l’Humain à résoudre des tâches complexes.

Imaginer « l’humain augmenté », c’est notamment :

– laisser l’administratif à l’Intelligence Artificielle et concentrer l’activité humaine sur le jugement.

Exemple : le cabinet d’avocats américain BakerHostetler utilise l’intelligence artificielle (Ross) pour analyser les jurisprudences afin d’en saisir le sens, le degré d’application à leur dossier et d’apporter des réponses argumentées à des questions posées.

– Considérer l’Intelligence Artificielle comme un « collègue » sur lequel on peut s’appuyer.

Exemple : Le logiciel Dreamcatcher permet de proposer plusieurs designs pour des objets. Sur cette base, l’humain adapte les propositions pour créer quelque chose de plus innovant : un travail d’équipe !

IA For Humanity  

Le 29 mars 2018, le député et mathématicien Cédric Villani présente son rapport sur l’IA au collège de France.

Intelligence Artificielle et formation : Retours sur 3 événements marquants

Dès l’ouverture du colloque, Cédric Villani et Mounir Mahjoubi (secrétaire d’Etat au numérique) ont exprimé de concert le fait qu’il était nécessaire de donner du sens à l’Intelligence Artificielle. L’IA doit être :

– For Humanity

– Un levier de performance

– Au service de l’économie

– Respectueuse de l’éthique

– Protectrice des données personnelles comme rappelé par Mounir Majhoubi.

Toute la matinée, des intervenants de qualité (comme  Demis Hassabis, père d’AlphaGo, le logiciel qui a battu le meilleur joueur du monde au jeu de go ; Sam Altman, président du prestigieux incubateur Y Combinator ; Stuart Russell, informaticien auteur d’ouvrages de référence de la discipline ; Yann LeCun, directeur de la recherche en IA chez Facebook) ont abordé les Intelligences Artificielles sous des angles variés :

– Education avec les résultats obtenus par le robot TODAI aux épreuves de dissertation, de mathématiques et d’anglais à l’université de Tokyo selon Noriko Arai

– Médecine avec les avancées sur la reconnaissance d’image des cancers de la peau

– Ethique et sociétal avec la nécessité de donner de la transparence aux algorithmes afin d’éviter d’en faire des « armes de destruction matheuses » comme évoqué par Cathy O’Neil (mathématicienne auteure de On Being a Data Skeptic)

A chaque fois ce même constat : le champ des possibles offert par l’IA est illimité ! Pour autant ces opportunités ne doivent pas se transformer en menaces car c’est bien l’Homme qui « nourrit » l’IA, c’est donc à lui de se poser les questions d’éthique afin d’éviter les dérives de l’IA.

VIVATECH 2018 : Intelligence Artificielle et technologie

Intelligence Artificielle et formation : Retours sur 3 événements marquants

Après le Sommet Tech For Good et les annonces des acteurs de la high-tech mondiale, le salon Vivatech en Mai 2018 a été l’occasion d’observer à quel point l’IA révolutionne notre manière de travailler dans tous les domaines : La machine pour les tâches très techniques, l’Humain développant la créativité, le lien et les interactions sociales.

Avec plus de 140 startups taguées « EdTech, Talent & HR » (sur un total de 9000), l’édition 2018 marque une forte évolution du nombre d’exposants revendiquant des modèles d’IA dans un marché peu investi jusqu’alors.

Et les grands acteurs du Web ne sont pas en reste pour investir et proposer des offres de formation aux nouvelles technologies (dont l’IA), souvent gratuites (à l’image de Facebook qui a annoncé 1 million de formations dans le numérique en Europe d’ici 2020 et qui lance son premier Boost Numérique en France).

Quels impacts de l’Intelligence Artificielle sur la formation ?

– Impact Métier: Le développement très rapide de l’Intelligence Artificielle (notamment pour des tâches techniques et répétitives) impose de réapprendre à apprendre, tout au long de la vie pour développer les compétences humaines, les softs skills.

– Impact RH: Le rôle des RH sera d’accompagner les salariés dans le développement de leurs compétences en mettant, toujours plus, la formation au cœur de l’entreprise.

– Impact Expérience Apprenant (UX): Pour l’université du groupe Crédit Agricole, il s’agit également de décoder les usages de ces technologies en situation de travail afin d’inventer de nouvelles expériences pédagogiques.

Comment l’Intelligence Artificielle est-elle abordée à l’IFCAM, Université du groupe Crédit Agricole, en 2018 ?

L’IFCAM investit sur l’Intelligence Artificielle avec la création en mars d’un Pôle Programme Data et IA Formation qui a pour objectif d’utiliser la Data formation et l’IA pour améliorer l’apprentissage.

L’IA doit être envisagée comme un outil, un moyen mis au service de l’apprentissage.

La data et l’IA en formation offrent la possibilité d’explorer de nouvelles pistes de solutions à des enjeux de la formation connus : rationnaliser le temps de prélèvement, optimiser le temps de formation par rapport au temps de travail, en préconisant des formations plus personnalisées et plus adaptées aux besoins, aux niveaux des apprenants.

Depuis 40 ans, nous sommes animés par la volonté de proposer des formations toujours plus efficaces et plus proches des besoins de nos apprenants. La Data et l’Intelligence Artificielle peuvent nous y aider.

Nous abordons donc ces outils de manière pragmatique, avec méthode et dans le cadre d’un programme groupe.

Vanessa Dastugue, Responsable du pôle Data et IA en formation

Michel-François KMIEC, Responsable du Lab Prospective Formation