L’acculturation au digital est un sujet complexe, car pour la première fois dans les transformations qu’ont connu les entreprises, le numérique apporte des pratiques à la limite d’une frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.

Accompagner les collaborateurs dans la transformation digitale

Pour accompagner l’ensemble des collaborateurs, il faut tenir compte :

– de ceux qui sont à l’aise dans l’environnement digital, qui ont une maitrise des outils bureautiques, réseaux sociaux, qui sont toujours curieux des nouveaux outils qui émergent. Vous savez ce sont ceux que l’on appelle lorsqu’on n’arrive pas à décompresser un fichier ZIP ! ;

– et ceux, moins aguerris, qui se débrouillent au quotidien avec une maitrise minimale, mais « suffisante » pour leur usage professionnel, mais une fois rentrée chez eux n’ont pas d’appétence particulière pour les outils numériques, et préfèrent une soirée avec un bon livre, plutôt qu’une soirée sur Facebook.

Mais l’un n’empêche pas l’autre, et une bonne compréhension des enjeux du numérique, n’impose pas son usage permanent.

La plupart de la première catégorie ne sont pas nées avec cette culture digitale (sauf éventuellement ceux de la génération Y). Ils l’ont acquise au fil du temps, au fur et à mesure de la sortie de ces innovations, parce que cela les intéressait. Ils en ont trouvé des usages privés qui ont parfois débouché sur des pratiques professionnelles, parfois pas.

On peut comprendre qu’il soit difficile, voire impossible, pour les collaborateurs de la seconde catégorie de comprendre et d’exploiter la force de ces outils. Et on voudrait les acculturer au prix d’une simple formation ?

Pour réduire cette fracture les possibilités d’accompagnement sont variés, mais sont à conduire sur du long terme.

Un dispositif unique d’un an mis en place par l’IFCAM

Pour acculturer environ 160 collaborateurs, il faut y mettre le fond et la forme :

– former bien sûr, en distanciel, mais également en présentiel,

– donner une dimension pratique et opérationnelle.

A l’IFCAM, nous avons mis en place un dispositif qui s’étale sur un an. Un dispositif voulu pour ne pas être seulement professionnel mais pouvant également déborder sur la sphère privée selon l’appétence du collaborateur. Un dispositif qui n’est pas seulement centré sur l’utilisation de ces nouveaux outils, mais aussi sur les enjeux induits par le numérique.

Le dispositif est constitué d’une conférence :

– une conférence d’ouverture du Directeur Général sur les enjeux du digital pour notre secteur d’activité.

Formations à distance :

– un MOOC d’entreprise sur le digital ;

– un MOOC d’entreprise sur l’Écriture Numérique.

Formations présentielles :

– En parallèle des 2 MOOCs, une approche théorique à l’aide de mini-lab pour appréhender globalement les univers que sont les réseaux sociaux, la publication sur le web…

Une dimension pratique :

– Des micro-lab , véritable session de « reverse mentoring » par petit groupe de 4 personnes. Twitter, Linkedin, Facebook, où les collaborateurs pratiquent vraiment : ouverture d’un compte twitter, LinkedIn, optimisation des paramètres de sécurité, professionnalisation des comptes, …

transformation digitale - ifcam

Une forte dimension opérationnelle 

Les changements n’arrivant jamais seuls, il faut également savoir tirer parti des autres évolutions de l’environnement de l’entreprise.

Ce dispositif arrive au moment où l’IFCAM :

– Introduit un jour de télétravail qui permet d’engager le collaborateur dans le processus de transformation par les nouveaux usages induits par le travail à distance ;

Change de locaux, pour des locaux modernes dans lesquels, il est prévu un studio video, un Learning Lab, un Fablab qui seront encore des moyens de voir, expérimenter les innovations actuelles et à venir ;

– Opère également sa propre transformation digitale en investissant les réseaux sociaux sur LinkedIn, YouTube, Twitter et avec ce Blog.

Cette acculturation ne peut produire de valeur qu’à condition d’y avoir investi du temps et des moyens. C’est comme s’acculturer à un pays, vaut mieux y vivre que d’y passer un week-end !

Pascal MOLLICONE, Responsable Pôle Ingénierie de formation, pédagogique et multimédia