L’avenir de l’apprentissage : alliance entre IA et intelligence humaine
Plusieurs experts pédagogiques de l’IFCAM se sont rendus au salon Learning Technologie et, sans surprise, l’IA était au cœur de cet événement, aussi bien sur les stands que lors des conférences. Dans cet article, Stéphanie Ferla et Guillaume Laforêt partagent avec nous 2 réflexions qui ont particulièrement fait écho chez eux :
Comment faire des agents conversationnels les nouveaux alliés de la formation ?
L’importance de la compétence terrain à l’ère de l’IA
Les Agents Conversationnels : enjeux de ces nouveaux alliés de la Formation
Au salon Learning Technologies, une tendance s’est imposée : l’intégration des agents conversationnels (IA) dans les parcours d’apprentissage.
Nous avons été particulièrement sensibles à l’approche de la Cegos qui pose un cadre pour le développement de ses « buddys », compagnons digitaux conçus pour coacher les apprenants.
Maîtriser une technologie complexe et souveraine
Si l’IA fascine, elle impose des défis de taille : gestion des biais, risques d’hallucinations et protection des données (RGPD). Pour y répondre, la Cegos privilégie une approche souveraine en s’appuyant sur des LLM (Large Language Models) européens. L’objectif est double : garantir la maîtrise culturelle des outils et assurer la sécurité des données via des data centers locaux.
Sécurité et précision : Le modèle RAG
Pour fiabiliser les réponses, l’usage de la technologie RAG (Retrieval Augmented Generation) est central. Ce système combine la créativité de l’IA générative avec la rigueur de bases de données de référence. Contrairement à une IA « non cadrée » le modèle RAG extrait des informations précises de sources vérifiées, garantissant ainsi la pertinence pédagogique des interactions.
L’expertise humaine au cœur du dispositif
L’IA ne remplace pas le formateur. Elle est « nourrie » et validée par des experts pour refléter l’ADN et la pédagogie de l’organisme. Une supervision humaine constante permet de filtrer les erreurs et de cadrer l’apprentissage.
Une expérimentation réussie pour des usages concrets
Les premiers tests du « Buddy » visaient à valider la robustesse du système face aux dérives potentielles. Aujourd’hui, la Cegos a déployé six agents spécialisés sur des thématiques clés comme la pédagogie ou les soft skills. Les retours confirment l’efficacité de ces outils pour enrichir l’expérience utilisateur.
Un cadre rigoureux pour une valeur ajoutée réelle
Les agents conversationnels représentent une opportunité majeure pour la formation, à condition d’être rigoureusement encadrés. La réussite repose sur trois piliers : l’utilisation de données souveraines, une alimentation experte des bases de connaissances et un contrôle humain permanent pour garantir une éthique et une précision irréprochables.
De son côté, l’IFCAM mène des expérimentations sur des nouveaux outils basés sur l’IA pour accompagner les apprenants, que ce soit de la création de quiz automatisée, de la création automatique de parcours ou des quiz adaptatifs. Il est également question de déployer des coachs dédiés pour des mises en situation, un apport contextuel, des simulations, voire des classes virtuelles en 1 to 1.
De l’importance de la compétence terrain / humaine ?
Le 2ème point que nous voulions mettre en évidence est la nécessité de maintenir la compétence humaine à l’ère de l’IA. On vous en dit plus.
Recentrer la compétence là où elle se construit vraiment
Dans un monde en transformation accélérée, recentrer la compétence sur le terrain n’est pas une option — c’est une nécessité stratégique. La compétence ne se décrète pas : elle se construit depuis la base, se transmet de génération en génération, et se nourrit du savoir-faire opérationnel du quotidien.
Nous oublions parfois que c’est dans l’action que les personnes développent les compétences et font évoluer leur organisation.
Le focus doit donc être mis sur le savoir-faire interne, sa maîtrise et surtout sa transmission, particulièrement dans des métiers industriels et opérationnels où le turnover fragilise la continuité des savoirs.
Le piège du confort à court terme
L’automatisation est séduisante. Déléguer à l’IA les tâches répétitives, les recherches, la rédaction de premiers jets… mais attention à un risque insidieux : utiliser l’IA pour apprendre sans fournir d’effort reviendrait à regarder quelqu’un faire des pompes en espérant se muscler. Le cerveau, comme un muscle, s’atrophie s’il n’est pas sollicité. C’est ce que les neurosciences appellent le paradoxe de la friction : c’est précisément la rugosité de l’apprentissage, l’effort cognitif qu’il impose, qui renforce nos capacités. En court-circuitant cet effort, on gagne du temps aujourd’hui… et on perd en compétence demain.
Accompagner la transformation par les talents
Identifier, développer et coacher les talents, c’est accompagner la transformation des métiers opérationnels pour que l’entreprise perdure. Les comportements et les savoir-faire clés doivent être préservés et valorisés, car ce sont eux qui cimentent une organisation.
Les nouvelles technologies, et notamment l’IA, sont de formidables leviers d’apprentissage et de développement, à condition de les utiliser comme des aides et non comme des substituts. La compétence doit être continuellement upgradée — non pas en remplaçant l’humain, mais en l’augmentant. C’est en cultivant un écosystème apprenant, dans lequel l’individu reste central, que les organisations bâtissent une compétitivité durable.
Qui sera senior s’il n’y a plus de junior ?
C’est peut-être la question la plus vertigineuse que soulève cette transformation. Si l’IA prend en charge les tâches traditionnellement confiées aux profils juniors — analyse, rédaction, traitement de données — c’est toute la chaîne de transmission des savoirs qui se trouve fragilisée. Les seniors de demain se forment aujourd’hui en commettant des erreurs, en tâtonnant, en apprenant sur le tas. Supprimez cette étape, et vous supprimez la fabrique des futurs leaders.
L’humain augmenté, quand technologies et compétences font alliance
La vraie richesse d’une entreprise ne réside pas dans ses outils, mais dans les femmes et les hommes qui la font vivre chaque jour. Partir de la base, valoriser le terrain, transmettre les savoirs et accompagner la montée en compétences sont les piliers d’une organisation résiliente. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies ne sont pas des fins en soi — elles sont des accélérateurs au service de l’humain. C’est cette alliance entre compétences terrain et innovation technologique qui forge les entreprises capables de traverser le temps et d’affronter les mutations de demain avec confiance.
Si l’IA devient incontournable dans l’accompagnement et le développement des collaborateurs et des métiers, il est tout aussi incontournable que l’Homme sache l’utiliser à bon escient et rester au cœur de la transmission des compétences.
A l’heure du numérique et du développement de l’Intelligence Artificielle, le lien humain reste un des fondamentaux du développement des collaborateurs. Le mentorat est l’une des manifestations les plus vivantes, et en pleine expansion, de l’importance de ce lien en entreprise. Le mentorat, une méthode ancestrale… Le mentorat ne date pas d’hier. Le nom même vient de la mythologie […]
9 juillet 2026
Innovation
Modalités pédagogiques
Webi… Webi…. WebiLearn ?
Comment diffuser auprès de nos collaborateurs un webinaire de 45min déjà enregistré en s’assurant qu’ils le suivent dans son intégralité et retiennent les points clés ? C’est la question qu’a posé un commanditaire à l’IFCAM… La solution la plus simple et qui peut sembler la plus efficace est de déposer la vidéo du webinaire sur une […]
30 juin 2026797 vues
Apprentissage
Innovation
Maintenir sa capacité à apprendre à l’heure de l’IA générative
Dans le cadre de la rédaction d’un chapitre de l’ouvrage collectif « IA et management : de l’enseignement à la décision dans les organisations », Gabriel Morin, enseignant-chercheur au LARGEPA, Dorothée Cavignaux-Bros, chercheuse en sciences de l’éducation et de la formation et responsable de recherche au Lab Innovation R&D à l’IFCAM, et Guillaume Lefebvre, Directeur général de […]