En cette année particulière, de nombreux repères ont été bouleversés et de nouveaux modèles managériaux sont apparus. Corinne Brouard, Consultante Senior Management à l’IFCAM partage sa vision : les managers seront amenés à devenir des « leaders » , « des facilitateurs d’équipe » !

2 comportements managériaux se sont dessinés

Le confinement a imposé la distance et la confiance s’est invitée de façon inopinée mais sans qu’il y ait le choix de la donner.

Ce que nous avons pu observer dans ce laboratoire géant ce sont les comportements managériaux divers et variés :

Le premier, a été une stratégie de recul : resserrer les comportements de contrôles et de contacts à tout prix. Les managers en bons patrons d’équipes ont pris les devants en mettant en place des ordres de marche, des cafés du matin (pour s’assurer que tout le monde est là), des process de reporting renforçant ceux déjà existants (pour s’assurer que tout est sous contrôle), des points d’échanges collectifs à l’heure du déjeuner (pour ne pas empiéter sur le temps de travail), des rattachements hiérarchiques encore plus serrés (pour que le maillage soit encore plus fin et que personne ne soit oublié). Qu’on ne s’y méprenne pas, même les managers les plus militants pour le nouveau management centré sur le collectif, se sont engouffrés dans ce qui les rassure le plus : le contrôle.

Le second, lui a été à l’inverse une stratégie d’exploration : lâcher prise et de jouer le collectif. Les Managers avisés ont eu des comportements de leaders et posant la question sur la table de la collaboration : « comment avons-nous envie de travailler ensemble dans ce contexte inédit et de quoi avons-nous besoin pour maintenir la performance ? »
Ceux-là ont misé sur la maturité des équipes et sur leur capacité d’exercer leur libre arbitre. Ils se sont mis eux même eu cœur de la réflexion commune n’endossant pas le costume de celui qui sait ou qui maitrise tout.

Qui peut affirmer savoir de quoi demain est fait et comment agir dans cette situation ?

Dans le premier cas, le repli est gouverné par la crainte de perdre le contrôle, dans le second, l’engagement est gouverné par l’audace de l’initiative

Choisir tous ensemble le fonctionnement du collectif

Les équipes les plus engagées dans la durée sont celles qui ont eu la chance de choisir leur fonctionnement collectif et auxquelles rien n’a été imposé. La différence entre ces 2 catégories de managers c’est la capacité à lâcher prise et en misant sur l’intelligence du collectif.

Oser faire confiance en responsabilisant les équipes, admettre de ne pas être omniscient, omnipotent, omniprésent, voilà ce qui a été déterminant dans la gestion de cette distance imposée qui a permis le maintien voire le développement de l’activité. Communiquer largement en faisant preuve d’ouverture et de sincérité.

Le manager d’hier a du souci à se faire s’il n’envisage pas son avenir autrement que par la puissance de son équipe, donc du collectif qu’elle constitue.  Bien plus qu’un chef, un cadre, un responsable, le pilote des équipes demain saura aborder les situations à travers le prisme de la responsabilité, de la confiance, du discernement de l’autonomie, de la prise d’initiative, de la co-construction. L’intelligence des leaders d’équipes aura pour mission de faire émerger ces intelligences qu’elles soient, situationnelles, émotionnelles et relationnelles. Et surtout il saura conjuguer le doute à tous les temps. C’est ce doute qui lui permettra la remise en question et qui fera jaillir des gisements d’innovation.

Les leaders de demain sont ceux qui sauront aller au-delà de l’équipe qui n’est qu’une somme productive et créer ce collectif intelligent. Il saura créer l’inclusion pour que chacun ait sa place et contribue à sa manière à ce précieux collectif.

Management : et si vous misiez sur le Collectif ?

Ce sont ceux qui sauront lâcher prise et se mettre au centre de l’équipe pour conjuguer « l’avec » plutôt que « l’en dehors ».

Les leaders de demain sont ceux qui feront preuve d’ouverture avec son collectif, partager l’information sans filtres, être sincère sur les situations, les interrogations, les doutes, les convictions aussi.

Savoir pourquoi on se lève le matin et avoir envie de se lever le matin pour travailler c’est quand on a su donner du sens à votre travail et valoriser son utilité.

Les leaders de demain auront lâché prise sur leur besoin de tout maitriser et de tout contrôler. Ils seront allés au-delà de leurs compétences techniques, auront vaincu leurs peurs et laisseront éclore leurs compétences relationnelles, ou les soft skills.

Les clés de l’excellence ne sont pas dans le savoir-faire, mais dans le savoir-être.

Corinne Brouard, Consultante Senior Management