Le mix formation (ou blended learning) est désormais utilisé dans nombre de formations à l’IFCAM comme ailleurs. Plus qu’un simple effet de mode, le mix formation a un réel impact sur la motivation, l’apprentissage et la mémorisation.

Qu’est-ce que le mix formation ?

Depuis plusieurs années, le nombre de formations blended learning par rapport à l’ensemble des dispositifs est en forte augmentation. L’ISTF (l’Institut Supérieur des Technologies de la Formation) montre par exemple qu’en 2018, 68% de formations blended learning ont été mises en places dans les organisations, selon les responsables formations interrogés dans l’enquête, contre 53% en 2016.

Le mix formation est une combinaison, au sein d’un même parcours de formation, de plusieurs modalités pédagogiques, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas uniquement d’un mélange présentiel/distanciel.

En voici quelques exemples :

– Un e-learning suivi d’un présentiel

– Une session en présentiel incluant une séquence en réalité virtuelle,

– Un cours en ligne associé à un jeu sérieux en 3D,

– Un escape game intégré dans une formation présentielle…

En somme, les combinaisons et l’horizon des possibles sont infinis !

Pourquoi est-ce efficace ?

Le mix formation fait appel à plusieurs ressorts cognitifs de l’apprentissage et la mémorisation, dont l’apprentissage multi-épisodique, mis en avant par l’universitaire français Alain Lieury. Ce concept repose sur un constat simple : le cerveau humain parvient à mémoriser plus facilement et de manière plus complète une idée qui lui est présentée de manière répétée sous plusieurs formats. Prenons un exemple : on cherche à transmettre à une personne le concept de voiture. Pour cela, on peut lui montrer la définition d’une voiture dans le dictionnaire, une vidéo de voiture, une véritable voiture, lui faire écouter le bruit du moteur ou encore la faire monter à bord. La répétition des méthodes de découvertes de la voiture sollicite à plusieurs reprises la mémoire et différentes aires du cerveau, contribuant ainsi à l’optimisation de l’ancrage et de l’assimilation du concept. C’est le même principe qui s’applique aux dispositifs en mix formation. Par exemple, mettre en pratique un apport théorique grâce à un escape game permet d’ancrer plus facilement une notion qu’avec une seule de ces deux modalités. C’est d’ailleurs ce principe qui est mis en œuvre dans notre formation à la gestion des incivilités.

Le blended learning permet de prendre les avantages de chaque modalité pédagogique pour les lier ensemble.
Les présentiels et autres classes virtuelles apportent, par la présence d’un animateur, une dynamique d’engagement et un contenu ajustable en temps réel au travers de l’échange avec les participants.
Les modalités distancielles permettent (pour la plupart) d’adresser un plus grand nombre de participants, de réduire les coûts (logistiques notamment), d’avoir un suivi et une évaluation de la formation grâce aux LMS (Learning Management Systems) et potentiellement de personnaliser la formation en conséquence.

Quelques pistes pour optimiser son mix-formation

Malgré ses avantages, le mix formation n’est évidemment pas la garantie d’une formation efficace : il faut penser « besoin » et « objectif de formation » avant de penser les modalités. Ces dernières sont au service de la formation. Si le mix formation offre d’infinies possibilités, certains « mélanges » permettent d’optimiser réellement la formation.

Quelques exemples :

– Dans toute formation, il est essentiel que l’apprenant comprenne le sens de la formation, qu’il sache pourquoi il est là et ce que la formation va lui apporter. Or, il semble que la présence d’un formateur ou l’échanges avec les pairs soit source de sens pour les apprenants. En s’exprimant, l’apprenant s’engage dans des interactions lui permettant de faire le point sur ce qui fait sens pour lui, mais aussi pour ses pairs. Il peut donc être pertinent de proposer dans le mix formation, une modalité qui prend cela en compte (présentiel mais aussi réalité virtuelle, forum d’échange dans les MOOCs etc.).

– Favoriser le sentiment de progrès chez les participants contribue également à l’apprentissage. En effet, se sentir compétent et efficace impacte positivement la motivation et l’engagement dans la formation. Intégrer des temps d’auto-positionnement en amont et en aval d’un présentiel peut, par exemple, permettre à l’apprenant de visualiser concrètement sa progression et de se rassurer sur ses capacités d’apprentissage et d’application en situation.

– Enfin, et pour reprendre l’exemple de notre formation sur les incivilités, la classe inversée est particulièrement pertinente car elle s’appuie sur une approche active de l’apprentissage. Elle déploie également le plein potentiel de l’apprentissage multi-épisodique en multipliant les contextes de présentation des notions. La journée commence ainsi par un escape game en équipe, suivi d’une après-midi tournée vers des études de cas, de la mise en pratique et du renforcement. Une combinaison gagnante !

Plus qu’un effet de mode, le mix-formation est ainsi un puissant vecteur de mémorisation et d’apprentissage, à condition qu’il réponde à un réel besoin !

Axel AZOULAY, Ingénieur pédagogique