Fin janvier 2017 se tenait le salon iLearning Forum dédié aux professionnels de la formation et des technologies de l’apprentissage individuel, collectif et organisationnel.
Ré-Veilleuses de l’IFCAM nous nous y sommes rendues le 24 janvier après-midi pour vous en partager quelques nouveautés.

Deux ateliers ont retenu notre attention : « Création de contenus, adaptive learning et rapid learning » et « Évaluation et accompagnement des apprenants« , en voici les points clés pour nos métiers d’ingénierie en formation et de production pédagogique et pour conseiller nos interlocuteurs.

Comment la  » neuropédagogie » peut contribuer à l’amélioration de l’efficacité de la formation

Au micro de cet atelier d’iLearning Forum  : Guillaume Coppin, de la société Xos, a commencé par déconstruire les fameux « neuromythes » véritables mirages qui peuvent influencer défavorablement les choix pédagogiques.

Grâce aux progrès de la médecine, et aux recherches en neurosciences, on sait aujourd’hui que :

  • L’être humain est en capacité d’utiliser 100% de son cerveau et non 10 ou 20% ;

 

  • le multi-tâches au niveau scientifique n’est pas efficace pour le cerveau car il sur-mobilise notre attention ;

 

  • L’apprentissage fonctionne tout au long de notre vie. Notre bambin de 2 ans peut donc apprendre autant que son vénérable grand-père ;

 

  • Il n’existe pas de différences entre les cerveaux homme et femme, à la seule exception près que le cerveau de l’homme peut être plus …. lourd. Pour aller plus loin il existe autant de différences inter-individuelles que de différences femme/ homme.

 

Pour compléter les propos de Guillaume Coppin, les fameux « neuromythes » correspondent à des hypothèses de recherches des années 50… l’imagerie cérébrale de même que les recherches sur les lésions cérébrales ont permis de faire d’énormes progrès pour comprendre la plasticité de notre cerveau et sa formidable capacité d’adaptation et d’apprentissage. Les discours cerveau droit / cerveau gauche sont également remis en question, les deux hémisphères seraient ainsi en complémentarité l’un et l’autre dans notre manière de traiter l’information.

Et l’impact du digital sur le cerveau dans tout ça ? Qu’est-ce que nous devons prendre en compte dans nos conceptions ?

Deux bonnes nouvelles ! Avec le digital, notre capacité de prise de décision se serait accélérée et nous trouvons plus rapidement de l’information.

En revanche, 2 mauvaises nouvelles selon Guillaume Coppin : notre attention aurait sérieusement baissé ainsi que notre mémorisation.

Avez-vous remarqué que nous passons progressivement de l’institutionnel film du dimanche soir de 120 minutes en moyenne à un engouement pour les séries de 40 à 90 minutes. Nous pourrions nuancer cette affirmation avec la tendance à l’allongement des films produits pour le cinéma ! Une question d’adéquation format / support de diffusion ?

Voici donc quelques principes pédagogiques en conception repérés pour vous :

  • Pour maximiser notre capacité d’attention, concevoir des séquences de 10 minutes par exemple, au sein des modules / parcours; alterner les activités/ les médias/ … tout dépendra bien sûr des objectifs et des populations !

 

  • Pour aider notre mémoire, répéter l’information sous des formes différentes et de façon espacée dans le temps favorisera la mémorisation. La formation cherche ainsi favoriser l’ancrage des apprentissages de la mémoire du travail jusqu’à la mémoire à long terme, ce qui la distingue bien de l’information ou d’une simple histoire…

 

  • Pour optimiser l’impact de nos formations sur nos apprenants, choisir des messages clés à faire passer, proposer des contenus diversifiés et guider l’apprenant.

 

  • Pour limiter la pollution sensorielle, et maximiser l’utilisation de notre attention : alléger nos supports du « superflu visuel » comme un logo décliné sur tous les slides ou d’images sans rapport avec le fond ou la pédagogie.

 

  • Favoriser les émotions agréables (humour, anecdotes, effet de surprise, image, mini quiz). Les émotions et leur qualité vont avoir un impact sur la trace mémorielle car elles ont un traitement prioritaire dans la mémorisation des informations, ainsi une émotion positive accroît l’efficacité de l’apprentissage alors qu’une émotion négative la limite considérablement.

 

iLearning Forum - IFCAM

Pour creuser le sujet, leur livre blanc est à télécharger gratuitement : Neurosciences et formation professionnelle

Comment relier l’apprentissage à distance avec la réalité des situations professionnelles ?

La société veryUP a partagé des activités et des outils pédagogiques, avec les visiteurs du iLearning Forum, pour rendre les e-learning efficaces et rompre avec l’isolement de l’apprenant.

1ère idée : « Défi on the job ». Au-delà de l’effet marketing de son nom « so american » (veryUP is based in New-York !) le « défi on the job » propose à la fin d’une séquence ou d’un module e-learning de lancer un défi au collaborateur sur son lieu de travail en situation professionnelle.

Pourquoi ? Pour le faire agir, lui faire mettre en pratique la compétence pour laquelle il se forme justement.

Concrètement ?

  1. Le collaborateur, devant son ordinateur, suit sa séquence e-learning
  2. A la fin de la séquence, un défi en vidéo est lancé. La vidéo est incarnée par un collaborateur de l’entreprise, un sponsor, un opérationnel filmé tout simplement avec un smartphone.
  3. Le collaborateur télécharge le support du défi (ex : une grille d’entretien) et se rend sur le terrain pour se mettre en situation, agir et mobiliser les compétences nécessaires.
  4. Dernière étape, un fois le défi relevé, il remplit une analyse sur la plateforme (démarche réflexive qui favorise l’apprentissage).
  5. Son manager est notifié. Il reçoit le défi, l’analyse de son collaborateur et peut lui faire un retour (feed-back)

Tous les sujets ne se prêtent peut-être pas à cette scénarisation, mais les bénéfices sur l’apprentissage, l’ancrage et la mobilisation de la compétence en situation de travail méritent qu’on s’y intéresse.

2e conseil : ajouter du collaboratif dans les modules e-learning, avec l’insertion d’un « mur social » en parallèle sur l’écran, sur lequel les apprenants peuvent échanger et se formant en simultané, les contributions sont libre : vidéo, texte, … et peuvent être « likées »

3e clé : mesurer l’impact de la formation avec un score de recommandation fourni par le collaborateur et son manager ; tracer ce que le collaborateur a réalisé sur un dashboard alimenté en temps réel (ressources consultées, scores aux évaluations, interactions collaboratives, …)

4ème conseil : partir du terrain et mettre ses équipes au cœur. Qu’est-ce que veryUP propose ? Faire correspondre fond et forme.

Autrement dit, ancrer visuellement les e-learnings plus près de la réalité de ce que vivent les apprenants.
Comment s’y prendre ? En intégrant dans les modules de vraies photos du terrain, des vidéos de collaborateurs, des interviews de sponsor du métier pour donner du sens. Adieu les photos « colgate » achetées en ligne. Privilégier les visuels de nos locaux, de nos collaborateurs pour que l’apprenant se sente « à la maison » en démarrant son module. Un smartphone suffit pour constituer cette banque d’images et vidéos home made. Il faut juste ouvrir l’œil !

5e clé : proposer de l’adaptive learning, c’est-à-dire que chaque écran proposé soit propre à chaque individu en fonction de la collection préalable de données sur les parcours suivis, utiliser ainsi l’expérience d’apprentissage des 1000 premiers pour le 1001e.

Articulate présente le dernier né de ses outils de rapid learning : Rise

« Articulate 360 » est une suite d’applications e-learning interconnectées destinée à répondre  aux besoins suivants : conception (Storyline, Studio, Rise, Preso, Replay et Peek); puisage de ressources (Content Library); collaboration (Articulate Review) et formation à la conception (Articulate Live).

Un focus a été fait sur leur application de conception dite réactive : Rise. A quoi sert-elle ? Que permet-elle ?

  • C’est une application web, c’est-à-dire accessible uniquement par internet, contrairement à l’outil auteur Storyline qui nécessite l’installation d’une application sur le poste. Elle fonctionne selon les normes standards de traçabilité pour s’intégrer à un LMS. Mais alors faut-il choisir entre Storyline ou Rise ? Pour concevoir rapidement un module e-learning avec une ergonomie plutôt simple et compatible multi-supports, Rise est une solution. Pour un module e-learning avec des activités plus sophistiquées, Storyline est recommandé.

 

  • Rise permet de concevoir des modules automatiquement compatibes multi-devices. Quesako ? Tout au long de la conception, il est possible de visualiser le rendu de du module sur tablette, mobile, pc…, instantanément.

 

  • La conception est simplifiée par des gabarits pré-paramétrés. L’insertion de textes, vidéos, activités pédagogiques se fait par drag&drop. En contrepartie   la personnalisation graphique est réduite à son strict minimum (palette de couleurs).

 

Mais comme une démo vaut toujours mieux que des mots … Rise en images

 

Les points d’attention :

Articulate 360 est une offre de conception en mode SAAS, qui suppose un accès Internet et le paiement d’un abonnement au paquet de services, le client n’est pas propriétaire de la licence mais utilisateur ; contrairement à la solution logiciel Articulate Storyline qui s’installe sur poste de travail. L’abonnement à la solution Rise seule n’est pas possible, il est nécessaire de souscrire à l’ensemble du paquet de services pour en bénéficier.

Evaluation et accompagnement des apprenants dans la formation

L’évaluation pour une « formation au service du business » ou se poser la question du vrai besoin opérationnel au sein de l’entreprise pour apporter une réponse formation adaptée, mesurable/observable, si et seulement si la formation est bien la réponse appropriée.

Si la méthodologie proposée par les intervenants n’est pas révolutionnaire, elle rappelle les clés pour cadrer un projet formation en réponse à un objectif opérationnel.

  • Analyser le besoin opérationnel
  • Identifier les indicateurs clés à suivre à court terme
  • Définir les comportements liés à ces indicateurs critiques à suivre
  • Déterminer les leviers nécessaires au changement
  • Comment mon manager va suivre cette formation ?
  • Mettre en place des incentives ? reporting ?
  • Est-ce que cela fait partie du brief du lundi par exemple?
  • Concevoir les actions de formation pertinentes
  • Mettre en place du tutorat/ mentorat
  • Contrôler et ajuster
  • Evaluer le retour sur attentes

Quelles nouveautés sur les stands du iLearning Forum ?

Réalité virtuelle, MOOCs, adaptative learning, serious game, on retrouve les mêmes enseignes aux slogans prometteurs que les forums des années précédentes.

Nous n’avons pas pu résister à l’immersion à 360° entre deux ateliers. Parées de lunettes et d’un smartphone, l’éditeur nous plonge dans un module de formation destiné à maîtriser les étapes de fabrication de la bière. Et en deux temps, trois mouvements, vous avez en spectacle deux collaboratrices IFCAM défiant le virtuel, immergées dans une usine de fabrication.

L’expérience est émotionnellement convaincante.

Pourquoi ne pas imaginer demain des formations pour nos conseillers pour leur faire vivre des entretiens clients…

 

Claire CHALANDON et Dorothée CAVIGNAUX-BROS, Ingénieures Pédagogiques