Les rencontres du e-learning et du blended learning ont eu lieu les 13 et 14 novembre. A cette occasion, j’ai eu la chance d’assister à l’intervention du Docteur Bernard Anselem, médecin, auteur, consultant, conférencier en neuropsychologie, chargé d’enseignement à l’université Mont Blanc Savoie.

Bernard Anselem nous a présenté les dernières avancées en neurosciences et, plus particulièrement, le lien entre émotions, attention et apprentissage. Un sujet qui nous passionne à l’IFCAM !

Nous sommes meilleurs que nous le pensons

C’est ainsi que le docteur Anselem a commencé sa conférence « Nous sommes meilleurs que nous le pensons ». Il nous explique que notre cerveau est en effet très adaptable, c’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. Nous avons du pouvoir sur notre cerveau, nous pouvons le rendre plus performant en nous entrainant.

Mais pour avoir envie d’être plus performant sur certains sujets, il faut de l’engagement, de l’attention, de la répétition et… il ne faut pas se mettre de barrière !

Ce dernier point est très important. N’avez pas déjà entendu quelqu’un se qualifier de « nul en maths » sans effectivement progresser ? Cette personne aura tendance à ne pas progresser, non pas par manque de capacité, mais par manque de motivation et de par les barrières qu’elle se met à elle-même (ou qu’on lui met en la qualifiant ainsi). Or, si tout le monde ne peut pas être un génie des mathématiques, tout le monde peut progresser.

Avec de la motivation, de l’attention et de l’entrainement, il est possible de « muscler » les synapses du cerveau ! Et de faire de ces petits chemins de forêt de vraies autoroutes (pour reprendre la métaphore explicite du docteur Anselem !)

Motivation, émotions, attention : les neurosciences au service de la formation

Les 4 piliers de l’apprentissage 

Le Docteur Anselem en distingue 4 : l’attention, l’engagement actif, le feedback et la répétition.

L’attention

L’attention est un processus actif mais néanmoins fragile que nous devons favoriser. L’émotion est un facteur majeur de l’attention, le carburant de la motivation. Elle entretient des liens étroits avec la mémoire.

Mais comment favoriser l’émotion en formation ?

Voici quelques pistes :

  • Faire réussir l’apprenant pour susciter une émotion positive et lui donner envie de continuer.
  • Favoriser l’interaction dans le groupe avec le formateur. La passion et l’enthousiasme de ses pairs et/ou de son formateur sont communicatifs.
  • Inclure des exemples émotionnels (anecdotes) et des situations concrètes d’application.
  • Utiliser des phrases simples pour gagner du temps et diminuer le stress.
  • Favoriser une pédagogie ludique (envie de gagner par exemple).

 

Et pourquoi l’émotion favorise la mémorisation ?

Les réseaux émotionnels filtrent les informations entrantes (sensorielles ou pensées /souvenirs) et les évaluent. Ces structures interprètent ce qui est jugé comme important et déclenchent une cascade de réactions et comportements adaptés à la situation. Ces réseaux sont massivement interconnectés avec ceux de la mémoire  (hippocampes)  et filtrent  informations importantes à mettre en mémoire. C’est pour cela que les émotions influencent directement la mémoire et donc l’apprentissage.

L’attention est également favorisée par la prise de pauses régulières, le séquençage des activités ou encore le changement fréquent de modalités pédagogiques.

L’engagement actif

Pour apprendre, il est essentiel « faire », de s’entraîner, de manipuler, de réfléchir par soi-même.

Il semble toujours simple de faire quelque chose quand on le voit faire, la mise en pratique permet de réaliser que ce n’est pas toujours si évident. Le passage à l’action permet d’identifier les difficultés, de poser les bonnes questions et de réajuster pour, au final, réussir.

Le feedback

Le feedback est essentiel dans tout apprentissage. Il permet d’identifier l’erreur (levier d’apprentissage très efficace, nous parlons souvent d’apprentissage par l’erreur), de comparer, de progresser.

La consolidation/répétition

La consolidation qu’on appelle souvent « l’ancrage » en formation est indispensable à la mémorisation. Elle l’est d’autant plus lorsque l’on n’a pas de l’occasion d’appliquer immédiatement et régulièrement les apprentissages d’une formation. La consolidation permet de renforcer les chemins neuronaux et de faire passer les acquis dans une mémoire à plus long terme.

L’hygiène mentale, qu’est-ce que c’est ?

L’hygiène mentale fait partie des clés d’un apprentissage efficace.

Le premier élément de l’hygiène mental est le sommeil, il prend une part très active dans la mémorisation tout en faisant le tri dans les souvenirs. Nous pouvons y ajouter la pratique d’une activité physique, la prise régulière de pauses, les conditions de travail ou encore la qualité de la relation humaine dans le groupe et avec le formateur (impossible d’apprendre efficacement si l’on se sent jugé par exemple).

En conclusion, le docteur Bernard Anselem rappelle que nous sommes bien meilleurs que nous le pensons à condition d’éteindre nos craintes et d’activer les bons leviers. Il n’y a pas d’apprentissage « sans désir, sans engagement et sans répétition ».

Pauline Hubert, Chargée de Projets de Communication Digitale