Pascal Mollicone, Responsable conception pôle Banque / Assurance à l’IFCAM, est intervenu sur les formations réglementaires au Digital Learning Day. Retour sur cette conférence !

Bonjour Pascal, tu as participé au Digital Learning Day fin juin. Peux-tu nous en dire plus sur cet événement ?

Cet évènement annuel regroupe des spécialistes de la formation digitale. Au programme de ces 3 jours : ateliers, conférences, tables rondes sur différents sujets tels que la mémorisation et le digital learning, des expositions de cas métiers, la présentation de nouveaux dispositifs de formations digitales (immersive learning, mobile learning etc.) ou encore la présentation de solutions innovantes avec notamment Kumullus (vidéos interactives) ou encore Domoscio (usage de la data en formation) avec qui nous travaillons déjà.

Tu es intervenu sur le ré-enchantement du réglementaire, peux-tu nous en dire plus sur le contexte actuel ?

Nous sommes un secteur dans lequel les formations réglementaires sont nombreuses et les exigences des régulateurs sont fortes.

Aujourd’hui, au Crédit Agricole, les formations réglementaires représentent 34% du temps de formation moyen d’un collaborateur. Et la tendance est à la hausse avec ce qui se profile en 2019 : DDA, MIF2…

Les prélèvements sur le temps commercial sont sous haute surveillance et les formations au réglementaire ne sont pas les préférées des conseillers. Nous devons donc réussir à proposer des formations d’une durée raisonnable, plus agréables, plus ludiques et toujours plus efficaces pour les collaborateurs tout en répondant aux exigences des régulateurs.  Voilà notre défi !

Et comment comptez-vous vous y prendre ?

C’est un sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps.

Dans un premier temps nous avons travaillé à la refonte de nos modules pour donner plus de sens au réglementaire. Nous avons également revu les chartes graphiques pour plus de modernité (contenu one page par exemple) et nous avons granularisé les formations pour favoriser l’attention et la mémorisation des contenus.

Cela est une première étape nécessaire mais non suffisante, c’est pourquoi nous allons plus loin :

– Nous travaillons sur des vidéos interactives, sur l’analyse des émotions avec HNL – Start’Up du Village by CA – car nous savons que les émotions favorisent la mémorisation. Dans le même esprit, nous travaillons également sur des formats web séries : c’est le cas avec la formation FACTA/EAI qui va sortir prochainement. Nous avons réalisé une web série de 5 épisodes sur les codes de la série Engrenages, il s’agit d’une expérience narrative et interactive au cœur de la lutte contre l’évasion fiscale.

– On parle beaucoup de gamification, de rendre les dispositifs plus ludiques. Ce qu’on voit jusqu’à présent en termes de gamification se limite souvent au gain de points, de badges, ou à la notation de ressources. Nous souhaitons aller plus loin, et pour cela nous utilisons l’offre d’EdenQuest qui propose un jeu en ligne massivement multi-joueurs qui permet à partir d‘un Gameplay pré-établis de personnaliser le contenu avec des ressources pédagogiques. Nous lancerons un pilote en fin d’année avec des contenus sur l’assurance.

– Nous allons également utiliser notre plateforme de mobile learning, Smart Campus, pour ancrer les connaissances dans le cadre du réglementaire.

Et quels sont vos objectifs à plus long terme ? 

Utiliser la Data et l’IA au service de la formation, proposer des diagnostics « intelligents », développer l’adaptive learning. Un pôle Date et IA en formation a d’ailleurs été créé à l’IFCAM en mars dernier.

Nous souhaitons surtout intégrer le réglementaire de manière native dans les formations métiers ou comportementales au lieu de proposer des formations uniquement dédiées au réglementaire. Cela pose différentes questions, notamment celle de la comptabilisation du temps.

Merci Pascal,