Dans le cadre de l’Institut de Développement des Dirigeants (IDDI), l’IFCAM élabore, à travers son dispositif Explor’action, des modules de formation de deux jours autour de sujets prospectifs. Ces modules regroupent tous les Dirigeants du Groupe, à savoir les Présidents et Directeurs généraux des Caisses Régionales ainsi que le Comex élargi de CAsa.

 Creuser les rouages du présent et sonder l’avenir

> Juin 2017 : La Banque de France voit l’avenir (un peu plus) en rose pouvons-nous lire dans certains titres de kiosque. Est-ce là un début d’un retour à la croissance ?

« Nous n’avons pas d’autres choix que d’être optimiste ! » martèle de son côté le fondateur d’un accélérateur de start-ups nouvelle génération. Cette phrase, d’un effet bœuf relatif, mais d’une facilité absolue, est-elle proche de la réalité ? Si la croissance devait ainsi reprendre, l’optimisme irait-il inonder équitablement le pays ? Rien n’est moins sûr !

Nouvelles fractures et nouvelles sociabilités en France

> Décembre 2016 : une dizaine de Dirigeants du Groupe Crédit Agricole a décidé de se pencher sur le sujet de ces nouvelles fractures et nouvelles sociabilités en France, pendant 2 jours avec le dispositif Explor’action.

Lieu inspirationnel : la piscine Molitor. Toute une histoire de rebonds. Comment passer d’une piscine à l’origine du bikini, à un squat de tagueurs pour finir par un complexe hôtelier ?

IFCAM - MOLITOR

Mais revenons à nos ouailles et commençons par dresser certaines réalités silencieuses du territoire français. Au-delà des effets de conjoncture, des inégalités structurelles profondes sont en train de s’installer (ou de se réinstaller) en France :

Entre les métropoles et le reste du territoire (la « France périphérique » de Christophe Guilluy).

– Contrairement aux hypothèses de la théorie du « ruissellement », tout porte à croire qu’un retour éventuel de la croissance, qui bénéficierait avant tout aux métropoles, aurait peu d’effets d’entraînement sur les villes moyennes et les campagnes.

– Au-demeurant, l’idée que le problème puisse être résolu par la mobilité résidentielle est illusoire : la saturation du marché du logement dans les métropoles rend tout simplement inopérante la solution qui consisterait à ce que les habitants des zones moins favorisées déménagent vers les aires métropolitaines pour y trouver de nouvelles opportunités.

Entre les générations.

– Les opportunités qui structurent le devenir d’une génération sont celles que rencontrent les jeunes entre 15 et 30 ans en termes d’accès à l’éducation, à l’emploi, au logement. De ce point de vue, les générations récentes ont subi les effets de la crise qui, dès lors, de conjoncturels sont devenus structurels car inscrits dans le devenir de toute une cohorte d’âge.

– Les difficultés d’accès à l’emploi et la perte de pouvoir d’achat des salaires signifient en outre un retour en force des solidarités familiales et du patrimoine comme éléments clefs de différenciation des trajectoires individuelles.

Face à ce constat de fractures qui s’installent profondément, que penser des nouvelles formes de valeur et de lien social qui s’inventent autour des concepts d’économie collaborative, économie du partage, économie sociale et solidaire ?

L’exemple des Grands Voisins

L’une d’entre elles surprend par son agilité et sa temporalité.
Voici l’exemple des Grands Voisins : l’urbanisme éphémère au service de l’économie sociale et solidaire.

IFCAM - GRANDS VOISINS

Paul Citron, directeur du développement de Plateau Urbain, une association spécialisée dans l’urbanisme éphémère, nous explique l’agitation grouillante que nous ressentons au milieu de l’Hôpital Saint Vincent de Paul aujourd’hui désaffecté.

Aux Grands Voisins, la friche de l’ancien hôpital du XIVème arrondissement, Plateau Urbain loue 6.000 mètres carrés de locaux d’activités sur un total de 40.000 mètres carrés (le reste étant dévolu à l’association Aurore qui assure l’hébergement d’urgence de migrants et autres personnes précaires).

IFCAM - GRANDS VOISINS

Plateau Urbain propose ainsi les locaux d’activité à prix coûtant (environ 200 euros/m2/an) à des petites entreprises, des associations ou des professionnels qui ne pourraient supporter les coûts d’une location classique mais créent, par leur présence, des externalités positives sur un site (ateliers d’artistes, entreprises de l’économie sociale et solidaire, start-ups, etc).

Davantage qu’au portefeuille, voilà de quoi redonner du baume au cœur.

Guillaume PENICAUT, Chargé de mission pédagogique